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Initiative, permission et fracture entrepreneuriale

Posted on février 25, 2026février 25, 2026 by ytriki

Rage, the Flower Thrower

Lorsque l’on divise le nombre de petites entreprises par la population de chaque province canadienne, on obtient un ratio apparemment technique. Pourtant, ce chiffre est aussi un signal culturel.

Selon les données les plus récentes de Statistique Canada (juin 2025), l’Ontario compte environ 516 830 petites entreprises pour une population d’environ 16,2 millions d’habitants, soit près de 3,2 %. Le Québec en compte environ 281 230 pour 9,06 millions d’habitants, soit environ 3,1 %. L’Alberta, avec 180 854 petites entreprises pour 5,04 millions de résidents, atteint près de 3,6 %. La Saskatchewan et la Colombie-Britannique présentent également des densités relativement élevées.

Ces chiffres ne sont pas uniquement économiques. Ils sont anthropologiques.

Un ratio entrepreneurs/population mesure combien d’individus se perçoivent autorisés à agir sans attendre une validation institutionnelle. Il révèle la relation d’une société à l’initiative.

La différence entre 3,1 % et 3,6 % semble faible. Pourtant, elle reflète une posture culturelle : combien de citoyens internalisent l’idée qu’ils peuvent créer leur revenu plutôt que solliciter une allocation.

Opportunité versus assistance

Dans une entrevue américaine largement relayée, un homme exprimait que son problème n’était pas seulement l’accès aux soins, mais l’absence d’opportunité de générer son propre revenu. Ce qu’il défendait n’était pas la suppression de l’aide, mais la dignité liée au fait de gagner.

L’assistance protège.
L’opportunité rend auteur.

La culture américaine, influencée historiquement par l’individualisme de frontière et l’éthique protestante du travail, tend à considérer la génération de revenu comme un acte moral. Travailler n’est pas uniquement survivre. C’est affirmer son identité.

Alexis de Tocqueville avait déjà observé que les Américains s’organisaient spontanément avant même que l’État n’intervienne massivement. L’initiative précédait l’administration.

Dans les traditions plus centralisées, l’ordre inverse peut dominer : l’autorisation précède l’action.

Il ne s’agit pas de condamner les systèmes de protection sociale. Ils jouent un rôle essentiel de cohésion et de résilience. Mais la base psychologique diffère. Certaines cultures partent de l’autonomie et ajoutent la protection. D’autres partent de la protection et négocient l’autonomie.

Les structures de permission

Chaque société encode une structure implicite de permission. Elle répond à une question silencieuse : ai-je besoin d’autorisation pour commencer ?

Dans des environnements plus entrepreneuriaux, l’initiative précède la validation. On agit, puis on régularise.
Dans des traditions plus administratives, la validation précède l’action.

Le Canada incarne cette tension. L’héritage anglophone valorise le pragmatisme entrepreneurial. L’héritage francophone s’inscrit davantage dans une tradition d’État structurant.

Ces héritages ne sont ni supérieurs ni inférieurs. Ils sont différents.

Mais les habitudes culturelles façonnent la psychologie individuelle. Si l’on évolue dans un environnement où l’initiative indépendante est courante, on internalise l’action. Si l’on évolue dans un environnement où l’alignement institutionnel est prioritaire, on internalise l’attente.

L’entrepreneuriat devient alors moins une question de capital qu’une question de posture.

L’entrepreneuriat comme acte existentiel

Entreprendre n’est pas seulement créer une entreprise. C’est refuser d’externaliser l’auteur de sa trajectoire.

Générer son propre revenu, c’est accepter l’incertitude en échange de l’autonomie. C’est ne plus structurer son ambition autour de l’anticipation d’une permission.

Le proverbe le résume :

« Donne un poisson à un homme, tu le nourris pour un jour. Apprends-lui à pêcher, tu le nourris pour la vie. »

La force de cette phrase réside dans son affirmation morale. Apprendre à pêcher, c’est apprendre à ne pas dépendre.

Ce n’est pas un rejet de l’aide. C’est une défense de la dignité.

La sécurité sans initiative produit de la stabilité.
L’initiative sans sécurité produit de l’incertitude.

Mais la vitalité culturelle émerge lorsque l’initiative devient la norme.

Une position personnelle

En observant ces dynamiques, j’ai cessé d’organiser mes projets autour de l’attente d’une validation. Je ne construis plus mon ambition sur l’espoir d’une autorisation.

Si l’opportunité manque, je la crée.
Si la permission tarde, j’avance dans le cadre légal mais sans hésitation.
Si l’aide existe, je l’évalue ; je n’en dépends pas.

Le changement est d’abord intérieur. Il consiste à décider que l’auteur de ma trajectoire économique ne sera pas délégué.

L’entrepreneuriat est ainsi une position philosophique. La dignité croît lorsque l’initiative remplace l’attente.

Les ratios provinciaux en donnent un indice. Mais la transformation véritable est culturelle. Et la culture n’est rien d’autre que l’accumulation de décisions individuelles d’agir sans attendre.

Category: réflexion

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